Syndicat des Journalistes de la Presse Périodique

Christine Tournier. Chants d'amour et de pluie. Poèmes

"La poésie est à l’honneur dans ce bel ouvrage au fil des vers que Christine Tournier embellit de sa douceur d’écrire.
Rien n’est plus quotidien que les poèmes de Christine qui musarde dans son jardin créatif où la fleur des mots a le parfum du moment.
Pour le lecteur la perception du poème est d’une grande sagesse, d’un sourire dont le fil nous lie au temps, d’une spirituelle sensualité, d’un rythme qui nous fait percevoir les élans d’âme du poète, avec la pureté d’un accent qui se pose naturellement au cœur de ses vers.
Christine Tournier en poète véritable pose un regard sur le monde d’aujourd’hui, tout en en dénonçant les maux, mais toujours avec sérénité.
Yves-Fred Boisset écrit (avec raison) dans sa préface que Christine sait se placer dans le sillon que les romantiques d’hier ont tracé pour nous, poètes aujourd’hui à l’abandon dans une société qui a vendu son âme aux boursicoteurs.
Chaque poème issu de son cœur a l’émotion, les mots et la musique qui parlent aux nôtres, ponctué de magnifiques photos…
Sans cette sagesse dans l’inspiration, l’écriture n’aurait pas la beauté ni la réflexion que lui donne Christine Tournier qui ressent originellement le déroulement des événements dans leur résonnance."

Thierry Sajat

Extrait de la quatrième de couverture.

 

Christine Tournier, Chants d'amour et de pluie. Poèmes, Editions Thierry Sajat, 2016. Le recueil est disponible auprès de l'auteur : Pour en savoir plus.

Photographie : Michel Pourny © SJPP - Michel Pourny 2016

 

Préface d'Yves-Fred Boisset

Voilà bien longtemps que je connais Christine Tournier. Nous nous sommes maintes fois croisés à l’occasion de conférences et de colloques. Quand, au début des années 2000, j’avais fondé un cercle de conférences baptisé "Le Germe" pour donner la parole à divers auteurs spécialisés en histoire des religions et des ordres initiatiques, Christine fut une auditrice assidue et ses interventions ne laissaient pas indifférent. Mais, ce que j’ignorais alors, c’est qu’elle était poète et composait des textes de qualité. Comme je professe le même vice, c'est-à-dire la poésie, nous ne pouvions dès lors que nous rapprocher davantage.
Je connais bien des gens qui, sans être gynophobes ni hystérophobes, posent la question suivante : "pour une femme, être poète est-ce normal ?". Poétesse, quel vilain mot qui sonne si mal au tympan et même sur le papier. Je me garde d’user de ce mot et, à propos des consœurs en poésie, je parle simplement de poète comme si la poésie était unisexe. Ce qui est complètement faux si l’on s’écarte de la seule sémantique.
Ces quelques considérations lâchées au vent mauvais qui les conserve, venons-en au fait. C'est-à-dire à Christine Tournier et mettons l’accent (grave, en l’occurrence) sur son inspiration poétique surgie des méandres labyrinthiques dans lesquels chemine une spiritualité qui suinte de ses compositions et dont seuls quelques privilégiés peuvent récolter le sel. Ce qui ne doit pas priver les autres de la lecture de ses vers joliment agencés et propres à leur ouvrir le cercle des privilégiés que je viens d’évoquer.
Je ne dis pas qu’il faut se mettre dans la peau de Christine, mais faut-il pour le moins se glisser dans son aura tout en prenant bien soin de ne pas piétiner son jardin secret où des milliers de roses, rouges comme le sang, l’amour et la révolte, exhalent une senteur orientale comme si elles avaient éclos dans les jardins d’Ispahan.
L’Orient, avec ses parfums paresseux, son silence frémissant, sa sagesse millénaire, filigrane les poèmes de Christine qui nous donnent à humer les splendeurs naturelles d’un riche passé, à la fois multimillénaire et toujours actuel.
Cette douceur, fille de la sagesse, Christine la porte dans sa voix murmurante et sur son visage que son regard, faussement triste, éclaire d’un feu intérieur qui enflamme sa poésie et lui confère ce don particulier qui transforme chaque vers en une étincelle d’amour.
Le style peut paraître parfois quelque peu déroutant si on est, par ailleurs, condamné à subir les mièvreries de certains plumitifs qui se prétendent poètes parce qu’ils puisent des rimes plates dans des dictionnaires appropriés. Mais qui n’ont rien à dire et ronronnent sur les scènes ouvertes qu’au pays des troubadours on appelle joliment des « cours d’amour ». Grâce au ciel ou au diable, Christine s’est évadée de cette poésie sans âme car elle sait placer les mots forts et justes là où ils ont leur place légitime. On dira facilement d’elle que sa poésie est mélancolique. Ce n’est pas faux. Mais, n’est-ce point dans l’encrier de la mélancolie que les vrais poètes trempent leur plume ? Relisez, pour vous en convaincre, les belles pages romantiques qu’ont noircies de lumière quelque fois tamisée et souvent aveuglante les poètes du XIXe siècle.
Christine sait se placer dans le sillon que les romantiques d’hier ont tracé pour nous, poètes aujourd'hui à l’abandon dans une société qui a vendu son âme aux boursicoteurs. Ses poèmes ne sauraient pas être lus, mais mâchés pieusement comme on le fait d’un mets rare aux fins d’en capturer pour longtemps le goût et l’arôme.
Elle ne cherche pas les honneurs dont elle connaît la vanité, les compliments souvent hypocrites et les titres flatteurs toujours éphémères. Elle traverse la vie pareille à une ombre qui joue avec parfois les jeux du soleil et d’autres fois avec les morsures de la lune. Sa poésie est le reflet du silence qui crie aux mille échos son amour de la vie, de l’art et des belles créations dont elle sait percevoir l’imperceptible mystère. Elle ne s’arrête pas devant la futilité ; elle n’a pas le temps.
Les anciennes traditions, vieilles mais intemporelles, ont élu domicile dans son esprit toujours curieux et dévoreur de sagesse tranquille, cette sagesse qui chemine au long de la Vallée des Rois avant de se glisser entre les pyramides élevées pierre à pierre comme est élevé silence après silence celui qui cultive la Voie Royale de son intime jardin qui s’ouvre au bout du chemin pierreux parsemé de souffrances et de doutes.
Ne craignons pas de le dire et de le redire : la poésie est un cri délicat qui s’échappe parfois d’un souffle douloureux et qui se perd dans la nuit, dans la si longue nuit qui s’étire dans le temps, jusqu’au dernier vibrato qui tremble dans l’infinitude avant de se fracasser contre le mur de l’indifférence. Cet "art littéraire", jadis reconnu et célébré aussi bien dans les somptueux palais que dans les plus humbles chaumières, a pris le chemin de l’exil alors que son utilité ne s’est jamais démentie et qu’elle s’avère nécessaire à la traversée des siècles en adoucissant les épreuves qui sont le lot de chacun d’entre eux. Des aèdes de l’Antiquité aux slameurs d’aujourd'hui en passant par les ménestrels médiévaux et les dramaturges classiques du Grand Siècle, la poésie a été la fidèle complice des joies et des peines de la société.
Notre époque n’est ni pire ni meilleure que celles qui l’ont précédée mais le bannissement moderne de la poésie en fait dramatiquement ressortir les écueils.
Heureusement, on peut encore rencontrer des poètes, des vrais poètes (pas de simples versificateurs). Ils nous aident à comprendre la vie, à surmonter la haine et à sublimer l’amour, à échapper aux horizons sans aurores et aux nuits sans étoiles. Quelle chance de connaître Christine Tournier et de se laisser immerger dans cette espèce de fleuve sacré qui baigne les rivages de son inspiration ! Elle s’est inscrite sans le vouloir au nombre des poètes qui comptent et dont le souvenir demeurera longtemps vivant.
Merci, Christine, pour cet élan poétique que tu chuchotes avec cette douceur qui est garante de la sagesse qui coule dans tes veines et qui nous fait tant de bien.

Yves-Fred Boisset